Le Club a invité le sociologue et chercheur au CNRS Jean-Marie Charon, jeudi 20 novembre au Centre départemental Joséphine-Baker de Périgueux, pour une conférence-débat. Le thème : « Être journaliste en 2025 : l’heure des questions ».

Depuis des années, Jean-Marie Charon consacre ses enquêtes aux journalistes et aux médias. Il est l’auteur de nombreux ouvrages, dont le dernier, « Jeunes journalistes, l’heure du doute », a servi de fil conducteur à la soirée. 70 personnes environ sont venues écouter ses analyses, et ses réponses aux questions posées au nom du Club par Marie Lemaitre, journaliste et trésorière de notre association.

L’état des lieux dressé par le chercheur est inquiétant pour les jeunes journalistes : précarité, faibles revenus, épuisement, injonctions à travailler sous des statuts qui fragilisent et privent donc d’accès à la carte de presse (auto entrepreneuriat, intermittence du spectacle, droits d’auteur), journées à rallonge, difficultés à se projeter… Résultat, 40% des titulaires de la carte de presse arrêtent le métier au bout de sept ans, pour partir principalement vers la communication, l’enseignement, le numérique ou le marketing.

Des lueurs éclairent cependant ce sombre tableau. Jean-Marie Charon constate qu’il n’y a pas de crise des vocations, si l’on se réfère aux chiffres des inscriptions aux concours d’entrée dans les écoles de journalisme. Certains de ceux qui ont quitté la profession y font leur retour après une pause. L’origine sociale des prétendants s’est élargie ces dernières années, notamment grâce au système de l’alternance, dans lequel les étudiants sont rémunérés.
Cette soirée a permis aux participants de se faire une meilleure idée de la réalité d’un métier qui, si l’on se fie aux nombres des demandes de stages de collégiens dans les rédactions et des postulants aux concours, fait encore rêver.

