À Saint-Avit-Sénieur, deux photographes confrontent leurs regards sur le monde

 « Double regard » est le titre d’une exposition qui marie deux visions photographiques différentes. Deux univers apparemment opposés pourtant réunis par une même envie : faire naître l’étonnement.

La photographie s’installe cet été au cœur de Saint-Avit-Sénieur. À la galerie du Presbytère-haut, Bruno Boigontier et Alain Durieux présentent du 18 au 30 août le résultat de leur travail à quatre mains. Les deux photographes, amis et tous deux originaires de Trémolat, ont choisi de confronter leurs sensibilités autour de deux territoires apparemment opposés : la nature et la ville. L’exposition s’adresse aussi bien aux amateurs de photographie qu’aux visiteurs simplement curieux de découvrir deux façons originales de regarder le monde.

Les esprits cachés des arbres

Woodland, ou le pays du bois
de Bruno Boigontier

Ancien scientifique et photojournaliste, Bruno Boigontier (membre du Club de la presse du Périgord) emmène le visiteur dans son univers Woodland, littéralement « le pays du bois ». Son objectif traque dans les forêts du monde des formes qui, au détour d’une écorce, semblent prendre vie.

Des personnages étranges apparaissent ainsi dans les troncs et les reliefs du bois, parmi lesquels le mystérieux Loup Yétu ou encore le hiératique Jack Ometti. Ces silhouettes semblent appartenir à un monde parallèle, peuplé d’esprits à la fois inquiétants et facétieux.

Le photographe invite ainsi le spectateur à regarder autrement ce qui l’entoure. Une écorce devient un visage, une branche prend des allures de créature et la forêt se transforme en territoire imaginaire. Une démarche qui laisse une large place à l’interprétation et au regard de chacun.

Quand la ville devient un tableau

Dans la seconde salle, changement radical d’atmosphère avec le travail d’Alain Durieux. Ici, pas de forêt ni de créatures imaginaires, mais la ville, ses lumières, ses vitrines, ses reflets et ses géométries.

Le photographe ne cherche pourtant pas à dresser un portrait réaliste de l’environnement urbain. Il observe et ressent la ville. Sa démarche repose notamment sur la patience : attendre le moment où un néon, une vitrine, une ombre ou un reflet vont s’assembler pour produire une image inattendue.

Les photographies qui en résultent flirtent avec l’abstraction. Les couleurs, les lignes et les transparences composent de véritables tableaux, parfois énigmatiques, souvent empreints d’une certaine mélancolie.

C’est précisément dans ce contraste que réside l’intérêt de « Double regard ». D’un côté, Bruno Boigontier transforme les arbres en personnages et invite à imaginer ce qui se cache derrière leur écorce. De l’autre, Alain Durieux transforme les scènes urbaines ordinaires en compositions graphiques et poétiques. Deux démarches différentes, mais une même attention portée au détail et à l’insolite. Les deux photographes proposent finalement de ralentir, de regarder et de laisser l’imagination faire le reste.

« Double regard » est visible jusqu’au 30 août, tous les jours
de 10 h 30 à 13 h et de 16 h à 19 h, en présence des artistes.
Renseignements : 06 20 53 34 20 ou 07 86 91 30 79.