RSF poursuit son combat pour faire libérer Christophe Gleizes

Un an après son incarcération en Algérie, le journaliste sportif français Christophe Gleizes demeure détenu malgré une mobilisation exceptionnelle de la société civile, du monde du football, des médias et des collectivités territoriales.

Après avoir renoncé à son pourvoi en cassation, le collaborateur de So Foot et Society s’en remet désormais à une éventuelle grâce présidentielle du chef de l’État algérien, Abdelmadjid Tebboune. Reporters sans frontières (RSF), qui mène une campagne internationale en faveur de Christophe Gleizes, renouvelle son appel à sa libération.

Le 29 juin 2025, il y a un an jour pour jour, le tribunal de Tizi Ouzou condamnait Christophe Gleizes à sept ans de prison ferme avec mandat de dépôt pour “apologie du terrorisme” et “possession de publications dans un but de propagande nuisant à l’intérêt national”. Une décision confirmée en appel le 3 décembre 2025. Il a été arrêté le 28 mai 2024, alors qu’il réalisait un reportage sur le club de football JS Kabylie, puis a passé les 13 mois suivants sous contrôle judiciaire, avec interdiction de quitter le territoire algérien.

RSF soutient le combat de la famille

Thibaut Bruttin, le Directeur général de RSF qui rappelle que Christophe Gleizes est déjà détenu depuis un an et précise“ que la Coupe du monde de la FIFA 2026 se joue avec une chaise vide à son nom dans la tribune de presse, son accréditation officielle rappelle que sa place est dans les stades, parmi les journalistes qui couvrent l’événement, et non dans une cellule. Cette détention est une négation de la liberté d’informer. RSF appelle une nouvelle fois à sa libération immédiate et inconditionnelle et remercie tous les femmes et hommes de bonne volonté, en Algérie comme en France, qui œuvrent à son retour prochain.

Sylvie et Françis Godard, Parents de Christophe Gleizes saluent eux une volonté d’apaisement naissante chez les autorités algériennes : “Nous saluons les récentes évolutions judiciaires en Algérie, et notamment la décision de la Cour suprême du 25 mai dernier. En rejetant l’appel du parquet visant à alourdir la peine de Christophe et en prenant acte du désistement de son propre appel, la Cour a ouvert une voie d’apaisement que nous espérons décisive. Nous prenons acte de ces avancées et appelons à ce qu’elles débouchent rapidement sur une grâce présidentielle. Nous continuons d’attendre, avec espoir et dignité, le retour de Christophe parmi nous. Sa grand-mère, Mamy Geo, âgée de 102 ans et demi, a dans une vidéo réitéré, en ce triste anniversaire,  son appel à revoir son petit-fils.

Un dossier jugé léger

Les accusations portées contre lui reposent notamment sur des échanges professionnels avec un responsable du club de football de Tizi Ouzou, également membre du Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie (MAK), classé organisation terroriste par les autorités algériennes en 2021. Pourtant, la majorité de ces contacts remontent à 2015 et 2017, soit bien avant cette qualification. Le seul échange intervenu en 2024 concernait la préparation de son reportage sur le club de football. Le procès a démontré la vacuité totale des charges portées contre lui. 

Depuis un an, RSF et ses proches poursuivent tous les recours possibles. Après la confirmation de sa peine en appel, Christophe Gleizes a choisi de retirer son pourvoi en cassation afin d’ouvrir la voie à une mesure de grâce présidentielle. Ses parents, Sylvie et Francis Godard, ainsi que son frère Maxime Gleizes, se sont rendus à plusieurs reprises en Algérie. Aux côtés de RSF et du groupe So Press, ils n’ont cessé d’appeler à une mobilisation accrue du monde du sport à l’approche de la Coupe du monde de football 2026. 

Une mobilisation internationale

Depuis la condamnation de Christophe Gleizes par le tribunal de Tizi Ouzou le 29 juin 2025, une mobilisation internationale s’est organisée pour demander sa libération. Dès le lendemain, RSF a lancé une pétition qui a rapidement recueilli plus de 36 000 signatures, témoignant d’un soutien massif du public.

Dans la continuité de cette mobilisation, RSF, avec le soutien de l’Union des journalistes de sport en France (UJSF), a permis que la voix de Christophe Gleizes soit portée jusqu’à la Coupe du monde de football 2026, organisée aux États-Unis, au Canada et au Mexique, où sa situation a été symboliquement mise en lumière dans le monde du journalisme sportif. Une accréditation au nom de Christophe pour couvrir la Coupe du monde a été émise par la FIFA et son président Gianni Infantino a appelé à sa libération la veille de l’ouverture de la compétition.

Le 22 mai 2026, la mobilisation avait déjà franchi un cap supplémentaire lors de lafinale de la Coupe de France, avec l’organisation par la Fédération française de football (FFF) d’une action symbolique aux couleurs de Christophe Gleizes, donnant à sa cause une visibilité nationale.

Par ailleurs, la campagne de soutien a rassemblé plusieurs centaines de personnalités publiques issues du sport, de la culture et des médias. Parmi elles, des figures du football comme Vahid Halilhodzc, Hervé Renard ou Rai, des journalistes sportifs tels que Hervé Mathoux ou Ambre Godillon, ainsi que des artistes et intellectuels reconnus, dont le romancier lauréat du prix Goncourt Mohamed Mbougar Sarr, le rappeur Médine, et les comédiens François Civil et Gilles Lellouche. Au total, près d’une centaine de personnalités ont appelé publiquement à la libération du journaliste sportif.